Antoine de Saint-Exupéry, Le petit Prince «On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux».

Bien que cette citation veut tout dire, j’aimerais vous en parler plus précisément aujourd’hui pour le bien de nos enfants, de nous comme parents ainsi que pour tous les enfants et adultes qui croiseront le chemin de nos enfants.

Cette lecture sera peut-être dure à lire, car elle demandera à chacun d’entre vous de faire une introspection parentale. Comprenez-moi bien, il n’est pas question de trouver un coupable et de le pointer du doigt mais de réfléchir pour vrai à tête reposée sans débattre publiquement sur les réseaux sociaux de ce qu’on souhaite inculquer comme valeur à nos enfants.

Depuis plusieurs années, je me promène de milieux en milieux (garderie, CPE, milieux scolaires, parcs, lieux publics divers) pour observer des enfants ayant des besoins particuliers. Bien entendu je vois et j’entends une multitude de choses qui chaque fois m’attriste, me chavire et je dirais même me met en colère.

Des enfants qui se battent, qui s’insultent «tu es mauvais» «tu es nul» «je sais pas pourquoi tu vis» «dégage, je t’hais», qui jouent à des jeux inadéquats et qui traitent les adultes comme des moins que rien «je m’en caliss de toi, va t’en» «touche moi pas esti de conne» «Euh non, pas question». Des enfants isolés, tristes, victimes, anxieux et en manquent de moyens «j’essaie de me tenir loin des méchants» «je mérite pas de vivre» «je ne veux pas me faire frapper». Des enfants agressifs, violents et qui font de mauvais choix «Ah regarde ça je vais enlever le ballon du petit maternouille» «tu l’as vu elle, elle fait dure» «vient ici que je t’encule» «vient te battre ayoye». Des enfants qui sont intelligents cognitivement, mais émotionnellement handicapés.

Dans nos garderies et nos cours d’écoles il y a de plus en plus d’enfants qui adoptent des comportements agressifs autant dans leurs gestes que dans leurs paroles. Je parle ici de comportements inacceptables qui ne sont pas des erreurs de passage comme un enfant de 2 ans qui mord, mais un enfant de 4 ans qui crache et insulte un autre. Un enfant de 7 ans qui fait un «fuck you» à un autre et qui le pousse violement dans le dos. Des enfants de 9 ans qui jouent au jeu 1,2,3, quand tu bouges je te tue parce qu’ils ont regardé une série jugée par des professionnelles trop violente pour eux.

D’ailleurs, pourquoi ont-ils pu regarder cette série? Qui a pensé que c’était pertinent pour un enfant? Il y a encore en 2021 des non-choix pour les enfants et c’est correct comme ça. Les enfants ne peuvent pas toujours faire la différence entre ce qui est bien et mal. Ils aiment imiter et attirer l’attention à un certain âge. Il faut donc comme parent, accompagner nos enfants dans le choix des émissions qu’il regarde car c’est NOTRE TRAVAIL DE PARENT.

Vous croyez que les milieux de garde et les écoles doivent s’approprier cette partie de l’éducation de nos enfants? Pour ma part, je ne crois pas! Il est trop facile comme parent de balayer dans la cour du voisin. Je crois que les milieux doivent nous SUUPORTER comme parents lorsque nous n’y sommes pas, à ce que nos enfants continuent d’adopter de bons comportements et au besoin leur rappelle les moyens à prendre. Je crois qu’il revient d’abord et avant tout aux parents à partir de la naissance de leur enfant de s’assurer que l’intelligence émotionnelle saine soit une priorité, plutôt que de penser que cet apprentissage se fera tout seul. Ce serait se fermer les yeux sur un aspect de leur développement qui est fort important selon moi.

Je viens de nommer le terme intelligence émotionnelle, vous savez de quoi il retourne? On n’entend malheureusement pas très souvent ce terme. Dans le livre de Daniel Goleman, qui selon moi est un livre indispensable, il décrit l’intelligence émotionnelle comme étant la capacité de maîtriser nos pulsions affectives, de percer à jour les sentiments les plus intimes d’autrui, de nouer des relations harmonieuses avec les autres. Il cite d’ailleurs suite à sa définition, Aristote «la capacité rare de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus».

Maintenant qu’on peut mettre des mots sur l’intelligence émotionnelle, je reviens sur l’introduction. Avons-nous manquer le bateau à certains égards?

Croyez-vous que nous priorisons trop souvent l’intelligence (QI) plutôt que l’intelligence émotionnelle de nos enfants? Je vous avoue que parfois je me pose la question, de par ce que je vois sur le terrain au quotidien. Nous pouvons et devons modifier notre façon d’intervenir afin que nos enfants ne croient pas à tort que cette façon d’interagir avec les autres est acceptable. Nous devons mettre de l’avant le fait qu’entrer en relation avec l’autre de façon respectueuse est plus positive que d’avoir 95 % dans une dictée. Avoir une bonne note est évidemment positif, mais l’idée est de ne pas oublier que les valeurs reliées à la gestion de nos émotions l’est tout autant.

Aimeriez-vous mieux travailler avec un «boss» qui ne vous salue pas, parle peu ou quand il parle c’est pour donner des ordres et ne vous demande jamais comment ça va, mais qui possède un QI élevé ou un «boss» compréhensif, doux, qui sait ou s’il s’en va et reste à l’écoute, mais possède un QI dans le moyenne?

Mon souhait, que mes enfants soient équipés émotionnellement pour pouvoir faire face aux différentes situations sociales qui se présenteront à eux et ce, sans humilier autrui de quelconque façon.

Ça mérite réflexion et ce, peu importe votre situation familiale. C’est en réfléchissant chacun de notre côté et en modifiant certaines interventions que nous allons améliorer les relations que nos enfants auront avec les autres enfants et les adultes. Je suis certaine que nous pouvons tous trouver un 5 minutes pour observer si certains comportements au quotidien sont acceptés alors qu’ils ne devraient pas. Nous pouvons aussi prendre 5 minutes pour renforcer ceux qui sont positifs et méritent qu’on les soulignent.

Honnêtement, ça presse, prenons le temps. Nos enfants doivent retrouver un équilibre émotionnel à l’aide de leurs parents et non pas en défilant des vidéos «youtube» non recommandés ou des séries pour adultes qui n’aideront pas.

Je vous l’accorde il n’est pas toujours évident de s’y retrouver, mais des professionnels peuvent vous soutenir. N’hésitez pas, nous sommes disponibles pour vous aider ainsi que votre enfant à retrouver un équilibre.

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