Vous avez l’impression que vos enfants jouent peu avec leurs jouets, qu’ils semblent s’y intéresser qu’un court laps de temps…
Miroir, miroir, éduque-moi…

Sachez tout d’abord que les jouets sont un outil parmis tant d’autres pour découvrir le monde qui les entoure. C’est d’ailleurs pour cela, que parfois on peut vivre des déceptions lorsque ceux-ci semblent aimer davantage notre trousseau de clé, la boîte en carton de notre récent colis, la boîte de mouchoir vide et même des rouleaux de papier essuie-tout!!!

C’est d’autant plus important de savoir que peu importe le nombre de jouets que nous ayons, même s’ils sont tous attrayants, il reste que notre enfant a seulement besoin de découvrir différentes textures et différents sons. Et attention, par différents sons, je n’entends pas par là, le bruit du camion de pompier qui s’active avec un bouton rouge, une poupée qui dit bonjour toute seule ou un livre qui jase quasi seul…Par ailleurs, je vous suggère de ne pas nécessairement mettre des batteries dans tous les jouets qui en demandent. Il est amusant et convenable que certains en aient, mais il faut doser. Pour que l’enfant s’intéresse plus de deux minutes à un jouet et ce, plusieurs jours de suite, le jouet doit lui proposer différentes avenues. Si le jouet en question fait tout à sa place, il est normal qu’il y joue un peu, voir un bon moment s’il s’agit d’un cadeau, mais que quelques jours plus tard, il soit oublié. Le phénomène s’explique surtout par le fait que le jouet ne lui permet plus d’explorer, il a fait le tour de celui-ci et donc ne développe que très peu sa créativité et donc son besoin de poursuivre le jeu. Créativité qui est beaucoup moins présente chez les enfants aujourd’hui pour plusieurs raisons. L’enfant doit apprendre et s’amuser à faire dire bonjour à sa poupée, j’ai faim, etc…autant qu’il a besoin de produire le bruit du camion de pompier.

En fait, si vous souhaitez rapidement reconnaître un jouet qui permet le plus d’exploration possible, il s’agit de se questionner sur le nombre de possibilité qu’il offre, mais au niveau de différentes sphères. Par exemple, les dessins à peinturer et à colorier avec choix de couleurs (certains mêmes avec de l’eau) ne permettront pas à l’enfant d’imaginer un dessin, d’essayer de le produire (persévérance), de faire des choix de couleurs (selon son imagination, même si l’arbre est mauve), explorer l’espace de sa page (en ayant aucune limite), en se questionnant sur les mélanges de couleurs (pour en produire d’autres), etc…et sachez que même si votre enfant colore un soleil brun, il saura en temps et lieu qu’il est jaune (s’il ne le sait pas déjà;), il faut le laisser aller dans son imagination, c’est beaucoup plus bénéfique, sachant que de toute façon il sait de quelle couleur est le soleil. On laisse trop peu de place à la créativité chez l’enfant, ce qui a de lourdes répercussions plus tard, produire un texte, s’inventer un sujet, élaboration d’un projet, trouver des solutions, etc…

Aussi, il est déconseillé d’intervenir dans le jeu de notre enfant lorsqu’il n’est pas utilisé « correctement ». Bien entendu, les prochaines recommandations tiennent compte du fait qu’il existe une façon « correcte » de jouer avec tous les types de jouets…Parce qu’en fait, existe t’il une façon adéquate de jouer avec un train ou des autos? Par exemple, vous observez vore enfant placer toutes ses boîtes de casses-têtes par-terre et attendez la suite. Soudain, il amène les autos et y fait un parcours…le parent devrait alors le féliciter de cette créativité et lui mentionner que c’est une très bonne idée d’utiliser les casses-têtes d’une autre façon, sans amener la piste d’autos ou le tapis d’autos à son enfant.

Et s’il-vous-plaît, pour ceux dont les enfants utilisent des tablettes, des jeux vidéos, des jeux sur l’ordinateur, DS, etc…assumez le fait que vous leur permettez cela sans pour autant convaincre les autres que c’est éducatif. Les jouets, le temps, l’exploration avec les 5 sens (donc pas seulement le visuel) est toujours et sera toujours plus gratifiant, stimulant, et enclin à développer toutes les sphères du développement de l’enfant. Et si pour vous, ce sont des outils technologiques que vous ne pouvez éliminer de votre quotidien (cocos 1-5 ans)…alors il faut doser, l’enfant qui aura accès trop facilement à une tablette dès qu’il doit simplement attendre à la caisse (l’épicerie) ou durant un rendez-vous chez le dentiste, sera clairement moins patient lorsque viendra le temps d’attendre son tour et que 25 autres élèves partageront son local de classe. On entend moins souvent le parent dire « attends une minute », et on donne instanément l’outil technologique pour éviter un moment d’impatience, mais gare aux conséquences plus tard.

Pour terminer, voilà des trucs simples mais dont efficaces pour augmenter son intérêt:

1. Vérifier que les jouets sont adaptés à son niveau de développement, sans nécessairement se fier à l’âge inscrit sur la boîte (peu de défi ou trop complexe)
2. Éviter de mettre tous les jouets à sa portée, toutes les poupées ou tous les casses-têtes que vous avez ne devraient pas se retrouver dans vos bacs. Ainsi, lorsque le mois prochain, vous rangerez certains fruits et légumes pour les remplacer par d’autres, et que vous échangerez 4-5 casses-têtes, 2-3 autres poupées, il s’y intéressera davantage, ils deviennent plus attrayants soudainement.

3. Modifier l’emplacement de votre salle de jeu, cuisinette, table d’outils, train, coin coloriage, etc…retirer la trampoline pour un autre élément et remettez la trampoline le mois suivant…
4. Éviter les jouets qui freinent son imagination (qui font une chose ou qui ne demandent pas de manipulation de la part de l’enfant)
5. Intéressez-vous à ce qu’il fait vraiment, sans jugement ou commentaire qui freinerait ce qu’il a commencer.

Dans le cas, ou votre enfant s’intéresse peu au monde qui l’entoure, donc ne semble pas rechercher les intéractions, montre peu ses découvertes, fait peu d’imitation verbale et motrice à travers le jeu et semble répéter les mêmes scénarios appris dans les jeux symboliques, vous devriez demander l’avis d’un professionnel.

Christel Leblanc, éducatrice spécialisée

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